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L’ostéoporose, une maladie méconnue

L’ostéoporose peut être définie comme une fragilité des os les prédisposant aux fractures. Dans la plupart des cas, cette fragilisation est due à une carence en calcium, en phosphore, entre autres. Les os deviennent alors plus poreux et sont davantage sujets aux fractures, par exemple lors d’une chute banale qui en temps normal n’aurait entraîné aucune conséquence grave. L’ostéoporose apparaît la plupart du temps chez les personnes âgées de 65 ans et plus, mais peut aussi se manifester plus tôt.

L’ostéoporose est généralement asymptomatique et souvent, ce n’est qu’après une fracture que l’on découvre la perte osseuse.

Un des symptômes pouvant vous mettre sur la piste est une réduction de taille, pouvant atteindre 4 cm ou plus. Cela est dû à une courbature du dos provoquée par l’affaissement des vertèbres. Ce dernier est accompagné de douleurs intenses au niveau du dos.

Les facteurs de risque

Le manque d’activités physiques.

Une alimentation pauvre en calcium tout au long de la vie.

Une carence en vitamine D due à une exposition limitée au soleil ou à une alimentation pauvre en vitamine D, qui permet de métaboliser le calcium.

La cigarette.

Une perte de poids importante allant jusqu’à 10 % du poids total avant 25 ans ou à l’inverse, un poids inférieur à 60 kg.

L’abus d’alcool.

Une grande consommation de caféine sous forme de café, de chocolat ou de boissons énergisantes. La caféine aurait un rôle à jouer dans la perte de calcium par l’augmentation du débit urinaire.

Les personnes ayant déjà subi un écrasement des vertèbres ou une fracture vertébrale

Les personnes avec des antécédents familiaux de fractures dues à l’ostéoporose

Les femmes ayant fait leur ménopause avant l’âge de 45 ans après avoir subi une ablation des ovaires ou pour des raisons naturelles. À savoir que la production d’œstrogènes permet le maintien de la masse osseuse. À l’arrivée de la ménopause, le taux d’estrogènes diminue dans le corps, ce qui augmente le risque d’ostéoporose.

Les personnes souffrant d’une maladie faisant obstacle à l’absorption du calcium dans l’intestin comme la maladie de Crohn.

Les femmes qui ne sont pas enceintes et ont des périodes d’aménorrhée (absence de règles).

Les personnes ayant suivi un traitement aux corticostéroïdes par voie orale pendant plus de 3 mois et celles ayant pris ou prenant des médicaments anticonvulsivants (anti-épileptiques).

Dans une moindre mesure, les personnes atteintes d’arthrite rhumatoïde ou celles ayant déjà souffert d’hyperthyroïdie.

Pour traiter l’ostéoporose, les médecins prescrivent en général des suppléments et une médication adéquate et recommandent également aux patients de faire des exercices adaptés. Cependant, la perte osseuse peut réapparaître à l’arrêt du traitement. Et si l’ostéoporose est causée par la prise prolongée d’un médicament, il faut rapidement y mettre fin.

Plusieurs médicaments peuvent être prescrits pour freiner la dégénérescence osseuse et réduire de manière considérable les risques de fractures. Ces médicaments sont utilisés seulement lorsque le risque de fracture est perçu comme trop élevé.

Les principaux médicaments 

Les bisphosphonates : ces médicaments permettent de ralentir la perte de masse osseuse. Néanmoins, il faut savoir qu’ils augmentent les risques de fracture « atypique » du fémur, c’est-à-dire, des fractures à des endroits peu concernés par l’ostéoporose. Le risque d’ostéonécrose (décomposition et mort des tissus osseux) est aussi accru notamment chez les femmes ayant un système immunitaire faible. L’usage de ces médicaments doit être réservé aux femmes présentant des risques très élevés de fracture liée à l’ostéoporose. En effet, dans certains cas, les bénéfices des bisphosphonates surpassent de loin les risques d’effets indésirables. Dans d’autres cas, on recommande de stopper la prise du médicament pendant un an ou deux après un traitement de cinq ans et de le reprendre par la suite.

La calcitonine, une hormone produite par la glande thyroïde, ayant un effet analgésique et permettant de ralentir la perte osseuse.

Le raloxifène, mimant les effets des œstrogènes. Il permet de ralentir la dégradation des os et favorise la formation de nouveaux os.

Le tamoxifène, une hormone synthétique utilisée dans le traitement du cancer du sein. Elle a un effet similaire à celui des œstrogènes sur les os.

La parathormone synthétique (PTH). Il s’agit d’une hormone sécrétée par les glandes parathyroïdes permettant de ralentir la perte osseuse. Elle est utilisée lorsqu’un patient présente des signes d’ostéoporose importante. La PTH s’administre sous forme d’injection.

Des analgésiques sont prescrits en cas de douleurs intenses ou chroniques et le port d’un corset devient nécessaire lorsque celles-ci s’intensifient.

Prévenir l’ostéoporose, c’est avant tout empêcher les fractures. Ce faisant, on réduit le risque de fractures associées à l’ostéoporose de moitié. L’Organisation mondiale de la Santé préconise l’adoption d’un mode de vie sain pour prévenir l’ostéoporose et les fractures.

Pratiquer des activités physiques. Des études ont démontré leurs bienfaits sur les os. En effet, plus l’on est actif pendant l’enfance ou l’adolescence, plus l’on est en mesure de se constituer un squelette plus résistant et ainsi faire des réserves de masse osseuse qui serviront à l’âge adulte. Par exemple, les personnes en meilleure forme physique ont un meilleur équilibre et une meilleure coordination, réduisant ainsi le risque de chute. De ce fait, la pratique d’une activité physique pendant un minimum de 30 minutes au moins 3 fois par semaine est un moyen de prévenir le risque de chute. À savoir que ce n’est pas la durée qui compte, mais la fréquence à laquelle ces activités sont pratiquées.

Adopter une alimentation riche en calcium. Il faut savoir que la majorité des cellules du corps ont besoin de calcium pour assurer leur bon fonctionnement. Manger des aliments riches en calcium permet de combler les besoins du corps sans que celui-ci puise dans les réserves de calcium, les os. Pour garantir un apport suffisant en calcium, privilégiez les produits laitiers, le saumon (avec les os), la sardine, les légumes verts comme le brocoli ou encore les produits à base de soya.

Avoir un apport suffisant en vitamine D. Essentielle pour les os et les dents, la vitamine D permet aussi d’améliorer l’absorption de calcium dans les intestins et aide à le fixer dans les os. La peau synthétise aussi la vitamine D lorsqu’elle est exposée à la lumière du soleil.