Le biofeedback (parfois appelé biorétroaction ou rétroaction biologique) est une application de la psychophysiologie, une discipline qui étudie les liens entre l’activité du cerveau et les fonctions physiologiques. En d’autres mots, il s’agit de la science de l’interaction « corps-esprit ».
Les psychophysiologistes s’intéressent à la façon dont les émotions et les pensées affectent l’organisme et, à l’inverse, comment la perception des signaux transmis par le corps peut influencer les attitudes et les comportements.
L’objectif est simple et concret : redonner au patient le contrôle sur son propre corps, y compris sur certaines fonctions dites involontaires, de façon à prévenir ou à traiter un ensemble de problèmes de santé.
Le biofeedback n’est pas une thérapie à proprement parler. Il s’agit plutôt d’une technique d’intervention spécialisée. Elle se distingue des autres méthodes d’autorégulation par l’utilisation d’appareils (électroniques ou informatiques) comme outils d’apprentissage (ou de rééducation). Ces appareils captent et amplifient l’information transmise par l’organisme (température corporelle, rythme cardiaque, résistance musculaire, ondes cérébrales, etc.) et les traduisent en signaux auditifs ou visuels. Par exemple, on nomme neurofeedback la technique de biofeedback qui permet de rendre « visibles » les ondes cérébrales. Témoin de ces signaux, le patient parvient ainsi à décoder les messages de son corps. Avec l’aide du thérapeute, il peut ensuite apprendre à moduler ses propres réactions physiologiques. Un jour ou l’autre, il arrivera à répéter l’expérience par lui-même, en dehors du cabinet.
Le concept de base se résume ainsi : « Prendre conscience, c’est prendre contrôle ».
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Une séance imaginaire
Une personne hypertendue et nerveuse est assise devant un écran d’ordinateur. Quelques capteurs placés sur ses doigts et sa tête la relient à la machine. À mesure qu’elle se détend, elle voit et entend que son rythme cardiaque diminue, que sa pression baisse et que ses ondes cérébrales s’apaisent. Elle découvre progressivement quel type de respiration, quelles pensées, quelles postures et quelles attitudes lui procurent les meilleurs résultats. Et à l’inverse, elle prend conscience de ce qui fait augmenter sa tension et sa nervosité.
De retour chez elle, elle pourra utiliser ces nouvelles compétences pour avoir une meilleure maîtrise d’elle-même et éventuellement réduire son hypertension.
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Le terme biofeedback a été créé en 1969, mais les premières expériences à l’origine de la technique avaient débuté dix ans plus tôt. Au cours d’expériences utilisant des électroencéphalographes (appareil qui décode les ondes du cerveau), des chercheurs avaient découvert que les participants étaient capables de générer par eux-mêmes des ondes alpha dans leur cerveau, et donc de se plonger à volonté dans un état de profonde relaxation.
Le principe allait ensuite être testé, puis appliqué à d’autres champs de la physiologie humaine, et la technologie a suivi. Il existe maintenant plusieurs types d’appareils, chacun conçu pour mesurer l’une ou l’autre des réactions physiologiques associées aux problèmes et maladies.
Aujourd’hui, le biofeedback n’est plus l’apanage des praticiens de médecines alternatives et des psychologues. Plusieurs professionnels de la santé, tels que les physiothérapeutes et les spécialistes en médecine sportive, ainsi que des sciences sociales, comme les conseillers d’orientation, ont intégré cette technique à leur pratique.
En pratique
Le biofeedback est une technique qui s’inscrit généralement à l’intérieur d’un traitement plus global, comme une thérapie comportementale ou de la rééducation physiothérapeutique. On l’utilise souvent en combinaison avec d’autres techniques comme la relaxation et les exercices adaptés. Le déroulement des traitements et le type d’appareils varient grandement selon le problème de santé.
Le biofeedback s’adresse à des patients motivés et persévérants. En effet, une fois le diagnostic établi, il n’est pas rare qu’on doive compter de 10 à 40 séances d’une heure pour s’assurer d’obtenir des résultats satisfaisants, et surtout durables.
Quel que soit le type de traitement, une séance de biofeedback présente quelques constantes : elle se déroule dans un endroit calme et reposant; parfois, on fait jouer de la musique douce; le patient est assis confortablement, ou couché, et se concentre sur les signaux auditifs ou visuels transmis par le moniteur à partir de capteurs placés à certains endroits stratégiques de son corps (encore une fois, selon la région du corps à traiter et le type d’appareil).
Le praticien agit comme un guide ou, si l’on préfère, un conseiller. Il aide le patient à prendre conscience de ses réponses physiologiques (tension nerveuse, température corporelle, rythme cardiaque, respiration, résistance musculaire, etc.) en fonction des données que lui communique la machine. Il prodigue information et encouragements, et aide le patient à appliquer au quotidien ses nouvelles habiletés.
Dans sa vie normale, le patient devrait donc être capable d’agir sur son propre organisme, c’est-à-dire de modifier ses réactions ou ses comportements sans le concours des appareils. À la sortie d’une séance de biofeedback, on se sent normalement plus en contrôle de son corps.
Au Québec, les praticiens en biofeedback sont relativement peu nombreux. Toutefois, la Fondation Neurone (voir Sites d’intérêt) donne accès à une liste de praticiens accrédités par le Biofeedback Certification Institute of America (BCIA).
Formation
Aux États-Unis, le Biofeedback Certification Institute of America (BCIA), fondé en 1981, encadre la pratique du biofeedback. L’organisme a établi un ensemble de normes auxquelles devraient se conformer les professionnels accrédités, et offre plusieurs formations en biofeedback un peu partout à travers les États-Unis.
Seuls les professionnels de la santé, de la psychologie et de certaines sciences sociales (orientation, par exemple) détenant un diplôme universitaire ou un équivalent peuvent accéder à cette spécialisation.
Au Québec, aucune école n’offre les formations accréditées par le BCIA. En Europe francophone, la technique est également marginale, même s’il existe en France un regroupement national appelé Association pour l'Enseignement du Biofeedback Thérapeutique (voir Sites d’intérêt).
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